Neolex-Droit et innovation
Par le 6 mai 2013

Le Big Data : entre protection de l’individu, accompagnement de l’innovation et réalité économique

Face au Big Data, la législation n’en est encore qu’à ses balbutiements.

Lors de l’édition sri-lankaise de la conférence Net Managers 2013, réunissant les acteurs du E-tourisme, consacrée à ce nouvel eldorado numérique qu’est le Big Data, NEOLEX AVOCATS a choisi de poser, dès le premier jour, les jalons d’une réflexion qui, bien au-delà d’être juridique, s’interroge sur l’évolution des E-modèles économiques face à la disparition de l’anonymat, l’évolution de la notion d’individu et de son intégrité dans une société hyper-connectée !

La donnée, la data est devenue l’objet de toutes les convoitises par le formidable potentiel économique qu’elle représente. 

Mine d’or à peine exploitée, la Big Data deviendra à moyen terme un matériau marketing maléable. Mais sommes-nous prêts à nous affranchir des règles qui régissent jusqu’à présent nos données personnelles ?

En effet, le Big Data favorise le « comportementalisme numérique » permettant d’anticiper des comportements, des appartenances, de classifier les personnes en fonction des risques et opportunités qu’elles présentent. C’est donc à une forme de « personnalisation » ambivalente des données personnelles que nous avons affaire.

Le data-mining et le profilage permettent alors de mieux cibler la surveillance, les contrôles, d’individualiser les offres de service, d’information, mettant le citoyen, le consommateur, l’utilisateur, « au centre » des dispositifs, tout en ne lui donnant plus l’occasion de faire entendre quelles sont ses intentions, ses désirs, ses motivations, ses préférences, inférés automatiquement par les dispositifs numériques.
Pour la prise de décision, ces technologies tendent à dispenser de l’interprétation et de l’évaluation humaine, ainsi que du débat public concernant les critères de mérite, de besoin, de désidérabilité, de dangerosité, de justice et d’équité au profit d’une gestion opérationnelle en temps réel, systématique plutôt que systémique, des situations. Dans un tel contexte, « une vision et une démarche éthique des TIC sont donc plus que nécessaires » (Antoinette Rouvroy).

Alors que cet Eldorado s’ouvre à nous, la question est de savoir comment trouver l’équilibre entre protection de l’individu, accompagnement de l’innovation et réalité économique ?

Avec le Big Data, nous devons désormais construire un rapport de confiance transactionnel dans lequel le producteur de données, vous comme moi, pourrons avoir un droit de portabilité, un droit de regard sur notre patrimoine numérique identitaire.  Cette vision et cette démarche éthiques, ce nouveau de rapport de confiance se doit d’être inventé, élaboré par tous les acteurs du monde numérique, que ce soit la sphère économique, la sphère juridique ou la sphère sociétale. Car au-delà d’être devant l’avènement d’un nouveau modèle économique, nous somme devant la naissance d’un nouvel individu dans un format 1.0, traçable et traquable par tous et partout.

Sur cette terre promise du Big Data, les ecommerçants, les analystes et les marketers ont un temps d’avance – qui devrait allant grandissant – face aux sphères juridiques et sociétales. Mais ce serait pure folie que de se vanter de cette avancée, car ce nouveau modèle économique doit se construire «main dans la main» avec le législateur pour que l’innovation économique devienne aussi une innovation sociétale dans laquelle l’individu 1.0 trouvera toute sa place dans un véritable rapport de confiance.